
LA REPARATION
13 mars 2025 à 20h30 Avant première
Cinéma Grand Ecran Centre Ville
Rencontre avec le réalisateur Régis Varnier.
Quelques heures avant l’attribution de sa 3ème étoile, le célèbre chef Paskal Jankovski disparait avec son second lors d’une partie de chasse. A 20 ans, sa fille Clara se retrouve seule aux commandes du restaurant. Deux ans plus tard, elle reçoit une mystérieuse invitation pour Taïwan…
INTERVIEW REGIS WARGNIER – Extraits
Votre film porte le titre de « La réparation », conséquence de la disparition de deux de ses personnages. Pourquoi le thème de la disparition vous intéresse-t-il ?
A travers un événement, plutôt une circonstance, la disparition d’un membre d’une famille que je connaissais de longue date. J’ai été témoin de la « nouvelle existence » de cette famille. Où chacun a sa propre réaction : le temps passant certains conservent le besoin aigu de savoir, de comprendre, pourquoi, comment ? que faire ?… D’autres se coulent lentement dans le doute et l’énigme, les préférant à la certitude d’un drame ou d’une conclusion définitive.
J’ai suivi l’enquête, les va et vient des sentiments, les attentes, les fausses nouvelles, les espoirs déçus, l’envie de renoncement.
Dix mille personnes disparaissent, sans laisser de traces, chaque année en France. Et on en parle peu, c’est un peu comme un secret, inavouable.
Ces réflexions ont constitué le point de départ de l’écriture du scénario de « la réparation ».
C’est ainsi que le désir de filmer est revenu un jour, il s’est imposé à moi, après une longue absence, presque dix ans.
« Le cinéma est dans ma vie, ma vie est dans le cinéma »
Je pense souvent à cette phrase d’un grand réalisateur italien. On peut vivre dans le cinéma, sans pour autant faire des films.
Il y a la fréquentation des festivals, où l’on découvre les œuvres avant que la rumeur ne s’en empare, les rencontres qu’on y fait, il y a la lecture des scénarios écrits par les autres, au nom de l’amitié, ou au sein de commissions en charge du soutien des projets de films… pour ma part, j’ai présidé durant quatre ans plusieurs commissions au CNC, en charge de l’aide aux éditeurs de DVD, et aussi de l’aide à la numérisation. Et j’ai écrit deux romans, dans lesquels j’ai donné une belle part au cinéma.
Et je n’ai jamais cessé d’aller au cinéma, de voir les films en salles.
« La réparation » aborde plusieurs genres cinématographiques, à la fois thriller, film d’enquête, film romanesque, film de voyage… Qu’est-ce qui a présidé aux choix de tous ces genres ?
J’ai développé l’intrigue, les personnages, sans viser de coller à un genre défini, j’ai laissé les portes ouvertes, au gré des sentiments, des sensations, des tensions.
La gastronomie s’est imposée comme fil rouge, à travers le goût surtout. Le goût est par essence un voyage, il peut devenir un partage.
Et j’ai imaginé alors que la piste empruntée pour l’enquête serait celle de la mémoire des saveurs et du goût.
Il est donc difficile d’enfermer « La réparation » dans une case. Cette histoire est comme nos existences, multiple.
Peut-être l’élément dominant est la transmission, entre un père et sa fille…
C’est aussi, en conséquence, un parcours initiatique pour Clara.
Et quand s’est imposé à moi le devenir de Clara et d’Antoine, qu’il leur faudrait consacrer leurs existences à réparer le drame dont ils étaient les protagonistes, je me suis dit que j’étais sur la bonne voie, et que cette histoire-là valait le coup.
« La réparation » est également un film sur l’art de faire la cuisine, le plaisir des saveurs et celui des créateurs… ?
Oui, les cuisiniers, les chefs, sont des créateurs.
Le goût est l’expression d’une sensualité immédiate, le point de départ d’un élan créatif. Saveurs et équilibre, composition, émotion.
Créer, c’est chercher, et chercher encore.
D’où vient le talent ? Comment se transmet-il ? Le titre aurait d’ailleurs pu être « l’héritage » ou « la filiation ».
Avoir du talent, c’est aussi une destinée. On s’y engage ou pas. Là est toute l’histoire de Clara.
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